SURFEUR - ANGEL AREKIN




EN EXCLUSIVITE CHEZ LES MOTS DITS BUVEURS D'ENCRE !

Nous sommes gâtées grâce à la talentueuse Angel AREKIN qui nous fait l'honneur de cette nouvelle absolument torride et addictive

Retrouvez la sur sa page facebook Angel AREKIN ainsi que sur son groupe "les romans d'Angel"




Angel Arekin

                                                                     Surfeur




Étendue sur la plage, un livre à la main, le soleil me chauffe la peau avec délice. Le vent est joueur et se mêle au sable. Je dévore un bon Maxime Chattam, mais je suis tirée de mon thriller par des éclats de voix qui me parviennent depuis l’escalier qui mène à la plage.
Je relève les yeux et aperçois un groupe de garçons qui dévalent les marches, une planche de surf sous le bras. Ils ricanent gaiement, en combinaison. J’en reconnais deux ou trois. Je les ai croisés à la fac. L’un d’entre eux a tenté de me draguer avec un peu trop d’insistance. J’ai dû le prévenir que pour me coller dans son lit, il fallait d’abord rencontrer ma famille afin d’aborder la question de notre mariage. Effet garanti.
Je baisse la tête sur mon roman pour ne pas qu’ils m’aperçoivent. Je tiens à ma tranquillité. Le fait que je sois issue d’une famille riche et que je porte le nom des Mordret me desserrent plus souvent que le contraire. Certains gars de ma promo ont tenté de sortir avec moi juste pour que je les invite à la villa, afin de profiter du luxe démesuré dont use ma famille avec déraison. J’éprouve des difficultés à m’isoler des miens, dont la fâcheuse habitude est de vouloir tout contrôler, alors les personnes avec qui je ne suis pas obligée de parler... Mes seuls moments de loisir sont sur cette plage, avec mon livre !
Mais c’est sans compter sur l’un de ces abrutis de beaux gosses qui s’imaginent, parce qu’ils arborent un beau visage, que tous les coups sont permis.
— Hé, salut !
Je relève la tête vers l’importun, me rendant compte que toute sa bande de demeurés s’est arrêtée derrière lui et m’observe avec des yeux de poissons rouges. Fantastique ! On dirait un banc de merlus !
— Salut, je grogne, avant de replonger le nez dans mon livre.
— Béni, c’est ça ?
— M-hm…
Je ne peux pas proposer mieux question impolitesse qu’un grognement dédaigneux, mais visiblement cela ne le déroute pas le moins du monde.
— Tu viens souvent ici toute seule ?
Je pousse un soupir à peine masqué, me redresse sur ma serviette, ramène ma jambe contre ma poitrine et décide de regarder l’abruti en face.
Un sourire traverse son visage lorsqu’il s’agenouille devant moi, comme si le fait de m’asseoir était une invitation masquée.
Moulé dans une combinaison noire jusqu’à la taille, son torse luit sous les rayons du soleil. De délicieux pectoraux sculptent son corps. Des cheveux bruns en bataille flottent dans le vent et de chaleureux yeux marron me couvent avec un brin d’indécence. Je dois admettre qu’il est en effet très beau, qu’il sait en user sans l’ombre d’un doute et qu’il compte mettre à profit ses dispositions physiques pour obtenir quelque chose de ma part.
Je constate néanmoins que sa bande de demeurés s’est éloignée, me préférant l’océan, ce qui est plutôt une bonne chose. Je n’ai plus qu’un individu dont je dois me débarrasser.
Voyant que je ne réponds pas, il secoue la tête sans effacer son sourire.
— J’ai réellement l’impression de t’ennuyer. Ce n’était pas mon intention. Tu préfères lire.
Je lâche un rictus à peine mystérieux.
— Bon… tant pis. Je n’insiste pas. Je m’appelle Macsen. Mes potes préfèrent Mac. Si tu as envie de boire un café plus tard dans la soirée, quand tu auras arrêté de lire…
Je lève un sourcil. Mon sourire faux-jeton s’agrandit. Je tapote mon genou de l’index comme si cet individu beau comme un Dieu était la pire création de l’univers. Il observe mon doigt, se mordille la lèvre, puis croise mon regard en arborant un sourire tout en nuances.
— Tu es du genre coriace, c’est ça ?
— Je me tape des individus dans ton genre tous les jours.
— Oh, et tu penses que je suis ?...
— Beau, sûr de toi, absolument persuadé que je vais terminer dans ton lit en m’affichant ton sourire blanc de blanc.
Il hoche la tête et passe ses doigts sur le léger film de poils noirs qui enveloppe sa mâchoire.
— Tu n’as pas tort. C’est en effet ce que je me suis imaginé. Pour ma défense, cela fait un bout de temps que je t’observe à la fac, mais tu es si… distante que je n’ai jamais osé t’approcher. Ici, ça me semblait une meilleure idée.
— Visiblement, tu t’es trompé. Ça arrive souvent.
— Visiblement, oui.
Il humecte ses lèvres d’un coup de langue, mais il ne fait pas mine de vouloir se relever et rejoindre ses copains.
— Et donc ? Tu attends quoi exactement ?
— Que tu changes d’avis.
— Que je change d’avis pour quoi ? Le café ou finir dans ton lit ?
— Disons que j’escomptais que les deux allaient de pair.
— Tu es carrément arrogant, en plus d’être sûr de toi.
— Je pense que tu n’es pas le genre de femmes à te laisser manipuler facilement et je suis persuadé que tu détectes un mensonge à des kilomètres. Alors autant être honnête. Je ne prétends pas t’offrir le mariage ; je me fous royalement de ton nom. J’ai envie de toi. D’une nuit. D’un moment. Ce que tu voudras bien m’octroyer, je m’en contenterai.
Je suis soufflée par son audace. Il a le mérite de me couper le sifflet pendant quelques secondes, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Je me laisse rarement chambouler.
— Pourquoi ? Tu dois avoir des centaines de filles qui te courent après, je n’en doute pas une seconde.
— Ah ! Vraiment ?
— Oh, arrête, je t’en prie. Tu es mignon, tu le sais très bien, mais cela ne signifie pas pour autant que je vais te céder aussi facilement. Vends-toi mieux que ça.
Le sourire qui suit ma phrase devient séducteur ; il illumine son visage tout en le définissant de contours sulfureux et prédateurs. Il dépose sa planche de surf entre nous et s’assoit à mes côtés.
— Qu’est-ce que tu fiches ?
— Ce que tu m’as demandé : je me vends mieux.
Je m’installe face à la mer, les coudes sur les genoux, et tourne les yeux vers lui pour observer les mimiques et les traits parfaits de son visage. Son sourire n’a pas disparu une seconde. Il en use avec beaucoup de charme.
— Je suis un bon amant…
— Tous les hommes prétendent la même chose. Comment peux-tu le savoir ?
— J’aime lécher.
Quoi ?
Il m’adresse un clin d’œil coquin, se penche vers moi et chuchote à mon oreille pour éviter que les gosses de la plage ne puissent surprendre ses paroles suivantes :
— Glisser ma langue entre tes cuisses, Béni, savourer ton goût, mordiller ton clitoris… te lécher jusqu’à ce que tu jouisses violemment sur ma bouche.
J’ouvre de grands yeux ahuris. Jamais un homme ne s’est adressé à moi de cette façon. J’ai eu deux amants depuis le lycée et un autre à la fac, mais ils étaient tous les trois inintéressants. Le premier était un éjaculateur précoce. Le second préférait s’occuper de jouir sur mon ventre sans se soucier de moi et le troisième parvenait à me soutirer maladroitement quelques orgasmes.
— Des paroles…
— Pour l’instant, je n’ai que ça à te proposer.
Il roule un bras autour de ma nuque pour continuer de chuchoter à mon oreille.
— Je suis attentif. Je prends mon temps pour déterminer ce que tu aimes, quel genre de sexe tu désires : torride, calme, violent. Je m’adapte, je te ferai jouir qu’importe que tu sois douce, coquine ou sauvage. Mais je te devine sauvage, farouche, prête à mordre, Béni Mordret.
— Qu’est-ce qui te permet de dire ça ?
— Ton regard. J’ai l’impression que tu veux me flinguer sur place seulement parce que je te touche un peu.
Son pouce caresse l’arrondi de mon épaule. Sa langue repasse sur ses lèvres charnues et désirables. Sa voix, basse et rauque, poursuit la description de ses charmes et de sa proposition indécente :
— Quelques caresses perdues dans ton histoire, Béni, c’est tout ce que je te propose. Du sexe torride, entrecoupé de lents coups de reins qui te feront monter aussi haut qu’il soit permis, avant de poursuivre violemment jusqu’à l’extase.
— Tu es si confiant en ta réussite.
— Si je ne le suis pas, tu n’accepteras jamais.
— Serais-je un faire-valoir ? Un trophée à l’égard duquel tu pourras vanter tes fabuleux talents de bonimenteur et d’amant farouche ? Tu comptes illustrer tes prouesses auprès de tes copains une fois que tu auras obtenu ce que tu désires ?
Je désigne d’un geste l’attroupement de planches qui patiente après la bonne vague.
— J’ai assez de têtes sur mon tableau de chasse. Je ne recherche pas le trophée, mais t’obtenir est un défi, sans aucun doute. Tu n’es pas une femme facile. Tu sors les griffes mieux qu’un félin. Je veux t’entraîner dans l’un de ces blockhaus sur la plage et te faire l’amour à l’abri des regards. Je veux t’arracher des cris de plaisir et sentir tes ongles s’enfoncer dans ma peau.
— Tu me désires sauvage, mais si je ne l’étais pas ? Si tu te trompais sur toute la ligne à mon sujet…
Il secoue la tête. Son pouce frôle ma mâchoire. Ses lèvres sont si près des miennes que je n’aurais qu’à incliner légèrement la tête pour en sentir le contact.
— Je suis sûr de ne pas faire erreur sur toi. Je te l’ai dit : je t’ai observée longtemps. Tu ne te laisses pas approcher, comme un félin, et quand tu renifles ta proie, tu fonces. Mais cette fois, j’ai envie que tu sois la mienne.
— Ta proie ? Tu crois que je vais me laisser dévorer aussi facilement ?
— Non, j’espère que tu vas lutter et ensuite, me céder.
Il retire son bras de mes épaules, désigne la mer d’un coup de menton.
— Je vais rejoindre mes potes et surfer un moment. Quand je sortirai, si tu as envie de moi, prends le chemin qui longe le camping jusqu’au blockhaus sur lequel est dessiné un surfeur. Il est assez isolé et on sera plus assurés de ne pas rencontrer quelques squatteurs.
— Tu crois vraiment que je vais me rendre dans un blockhaus toute seule, le soir ?
Un sourire envahit ses lèvres pleines. Son index se pose sur ma bouche et en caresse le pourtour.
— Je suis certain que tu as le goût du risque, Béni. À tout à l’heure.
Il se relève, ramasse sa planche et se dirige nonchalamment vers l’océan. Je le suis des yeux un long moment. En réalité, je le suis des yeux depuis l’instant où il s’est enfoncé dans la mer jusqu’à ce qu’il s’extraie des eaux grises. Il prend les vagues, assuré sur sa planche, dans un parfait équilibre. Je l’observe disparaître dans les rouleaux, en émerger pour mieux les conquérir. Je suis excitée rien qu’à le regarder prendre la mer, tenter de la dominer. Je sens courir dans mes veines la même adrénaline qu’il doit ressentir lorsqu’il maîtrise une vague. Sa silhouette est magnétique.
Dans ma famille, nous dominons et contrôlons au maximum nos vies, mais Macsen me propose, durant un bref interlude, de lâcher prise, de prendre un risque et de m’en aller ensuite comme si rien ne s’était passé. Je suis partagée. La tentation est plus qu’appétissante. Mac est sexy, beau et atrocement désirable. Mais ne risqué-je pas de me retrouver en tête d’affiche de la fille facile qu’il a culbutée dans les dunes ? Je ne tiens pas à endosser, le reste de mes années universitaires, le rôle de l’idiote qui s’est fait baiser !
Pourtant, en dépit de ma raison qui se récrimine, quand il s’arrache de la gangue liquide, je suis toujours sur ma serviette, les bras autour des genoux.
Les cheveux humides, odieusement sexy, il passe à mes côtés en m’adressant un clin d’œil, puis se détourne pour répondre à ses copains, l’air de rien.
Ils plantent leur planche de surf un peu plus loin dans le sable, plaisantent en se séchant avec leur serviette. Macsen retire le haut de sa combinaison et je me surprends à envier le contact du tissu sur sa peau bronzée. Il a le corps typique du surfeur, mince, élancé, les bras et les épaules développés et des cuisses fermes, avec des muscles allongés, soumis aux contraintes de l’eau.
Il passe la serviette dans ses cheveux, puis me jette quelques coups d’œil discrets. Une fois secs, ils se dirigent tous vers leur voiture garée plus haut le long de la côte.
Je me pince la lèvre inférieure. Mon pouls bat dans ma gorge. J’ai chaud malgré l’air marin qui se rafraîchit au fur et à mesure que le crépuscule se déploie.
Le blockhaus se dissimule derrière les dunes.
Qu’est-ce que tu fabriques, Béni ? Il va s’en aller…
C’est une bonne chose !
Non !...
Je me tords les doigts, observe la houle qui s’abat sur le rivage, puis me relève d’un coup sec. Je suis nerveuse. Je le sens à mes jambes qui tremblent tandis que je ramasse ma serviette, la plie et la range dans mon sac en toile avec mon livre.
La plage s’est désertée. Je suis là depuis des heures. Je gagne l’escalier rapidement et… constate que les garçons ne sont plus là. La voiture est partie.
Quelle idiote !
Je me suis fait berner comme un bleu. Je suppose qu’il désirait seulement s’amuser quelques minutes, afin de pouvoir se vanter auprès de ses copains.
Tant mieux… voilà une bonne chose. Pas besoin de se soucier de ce qui aurait pu se passer le lendemain…
Je me dirige vers ma voiture, mais m’arrête devant l’étroit sentier de terre battue qui file entre les dunes et le maquis.
C’est stupide. La nuit commence à tomber. Il est parti.
Alors pourquoi suis-je en train de marcher sur ce fichu chemin ?
Béni Mordret, cela ne te ressemble pas de te laisser manipuler de cette façon ; cela ne te ressemble pas de baisser les armes et de permettre à un individu de sexe masculin d’entrer dans ton cercle.
Je suis sûre qu’il n’est pas là. Ça n’a pas d’importance. Je vérifie, c’est tout. Je vérifie quoi ? À quel point il s’est moqué de moi ou bien suis-je en train d’espérer ?
Je passe une dune couverte de ronces et de mûres, puis aperçois le sommet de béton du blockhaus. L’édifice est imposant dans la nuit tombante. La structure s’arrache de la terre et se mêle aux broussailles. La nature a repris ses droits sur le béton et le dévore allégrement, mais on devine sous les masses de fougères les contours sibyllins du bâtiment militaire.
Je grimpe la légère éminence qui me conduit vers l’une des entrées et me fige brusquement.
Mac est assis sur la première marche défoncée du blockhaus, une cigarette aux lèvres. Il s’est changé. Il porte un jean et un débardeur bleu océan qui met en valeur son bronzage et ses grands yeux bruns.
En me découvrant sur le sentier, un sourire se dessine sur ses lèvres chaudes, tandis qu’il retire sa cigarette.
— J’ai cru que tu ne viendrais pas.
Près de lui, j’aperçois sa planche de surf.
— Tu comptes surfer sur le béton ?
— Non, je compte te mettre sur cette planche.
Je cligne plusieurs fois des yeux d’un air ahuri.
— Tu veux m’apprendre à surfer ? demandé-je, interloquée.
Son sourire devient si coquin que l’utilité première de cette planche risque d’en prendre un sérieux coup.
— Je compte t’apprendre à surfer un autre style de vague. Une lame de fond beaucoup plus dangereuse que celle qui hante les reef-breaks.
— Tu te prends pour une créature marine redoutable ?
Il aspire une bouffée de cigarette sans me quitter des yeux, libère des volutes de fumée qui se torsadent devant ses prunelles ténébreuses, puis se redresse. Il jette son mégot, l’écrase d’un coup de talon, puis tend la main vers moi.
Je l’observe quelques secondes en clignant rapidement des paupières. Je peux toujours rebrousser chemin, mais je n’en ai plus aucune envie. Pour une fois, j’ai l’intention de me comporter de manière déraisonnable.
Je glisse mes doigts entre les siens. Mac m’entraîne contre lui, passe mon bras dans mon dos et saisit mon visage de son autre main. Ses yeux plongent aussitôt dans les miens.
— Qui aurait cru que le félin viendrait se jeter dans la gueule du loup, murmure-t-il contre mes lèvres.
Sa bouche me frôle, me caresse sans me toucher pleinement. Ses doigts se pressent plus fort contre ma mâchoire. Ses iris semblent s’assombrir en même temps que le soleil disparaît à l’horizon.
— Le félin n’a pas rendu les armes. Méfie-toi de ses morsures.
Il sourit en abandonnant son pouce sur mes lèvres. Il pousse contre elles et s’introduit dans ma bouche, caressant ma langue. J’enfonce mes dents dans la pulpe de son doigt, lui arrachant un léger rire.
— Béni… Je crois que je ne serai pas doux avec toi, mais si tu veux que je le sois, dis-le-moi maintenant. Parce que… ce que tu m’inspires n’a rien de tiède ou de tendre.
Je me rapproche de son torse, apposant la pointe de mes seins contre la dureté de ses muscles, et dépose un baiser sur son pouce, avant de demander :
— Qu’est-ce que je t’inspire ?
— Une vague creuse.
Je lève un sourcil sans comprendre.
— La plus puissante, mais pas la plus grande. Une vague violente et intense que tous les surfeurs du monde rêvent de chevaucher.
— Chevaucher… répété-je en me hissant sur la pointe des pieds pour me placer à sa hauteur.
Sa main abandonne mon menton et se faufile dans mes cheveux. Il les agrippe sèchement et tire dessus jusqu’à lui offrir ma gorge en offrande. Sa langue serpente contre ma carotide, longe ma mâchoire et fonce sur mes lèvres.
Lorsque sa bouche s’écrase sur la mienne, une explosion de désir m’abandonne chancelante entre ses bras. Sa langue m’écarte et m’envahit. Son odeur de vent, son goût d’océan me submergent. Il libère mon poignet et mes mains se ruent sur son torse. Ses muscles ciselés roulent sous mes doigts impatients.
Soudain, je me sens soulevée de terre. Ses doigts s’enfoncent dans mes fesses tandis qu’il me plaque contre le béton froid du blockhaus. Le verre pilé, vestiges d’anciennes beuveries, s’écrase sous ses boots. Mes jambes se nouent d’instinct autour de sa taille, et ses mains remontent le paréo que j’ai rapidement enfilé avant de quitter la plage.
Il m’embrasse comme s’il avait l’intention de me dévorer ou de… me chevaucher, prendre la vague parfaite et la dominer.
Mes ongles s’enfoncent doucement dans sa nuque, lui arrachant un grondement sourd. Il happe mes lèvres et me mord sournoisement. Ses doigts malaxent mes fesses et quand il se détache de ma bouche, il murmure d’une voix profonde et épaisse :
— J’ai bien l’intention de te chevaucher, Béni.
 — Je suis une vague ou bien un félin ? grogné-je contre ses lèvres qui écartent les miennes avec voracité.
Sa langue me lèche, humide et douce, avant qu’il ne me réponde :
— La vague que je vais prendre et dompter, le félin qui feulera et détalera une fois que je l’aurais possédé.
Mes ongles l’égratignent et pénètrent sa chair jusqu’à ce qu’il gronde contre ma bouche et que je sente sa morsure embraser ma lèvre inférieure. Son bassin se presse contre mon entrejambe ouvert et, à travers l’étoffe de son jean, la pression d’une redoutable érection attise mon intimité. La boule de désir dans mon bas-ventre éclate en une myriade de gouttes d’eau, comme si la vague venait de se briser sur les récifs. À mesure qu’il ondule des hanches au creux des miennes, mon maillot de bain devient humide et mon ventre douloureux.
— Ne sois pas tendre, murmuré-je je entre deux baisers, lorsque sa main droite s’insinue sous l’étoffe de mon t-shirt.
Il suspend son mouvement, ses doigts à l’orée de mon téton dressé par le vent marin. Ses prunelles brunes s’aimantent aux miennes. Son souffle chaud se dépose sur mes lèvres quand il répond :
— J’espérais que tu répondrais ça.
Il donne un brutal coup de reins à travers nos vêtements, comme s’il me pénétrait, puis me maintenant sous les fesses, il me précipite sur sa planche de surf, dans les profondeurs du blockhaus.
La lumière crépusculaire crée des ombres sur son visage. Je me fous complètement de l’endroit étrange dans lequel je suis allongée. Je suis concentrée sur les doigts qui arrachent d’un geste sec le nœud de mon maillot de bain, mettant à jour mon sein droit. Un sourire carnassier envahit ses lèvres quand il se jette sur ma poitrine.
Sa langue s’aplatit sur mon téton et ses lèvres tirent dessus jusqu’à me voler un gémissement. Mes mains fondent dans ses cheveux en bataille, tandis que son bassin continue d’onduler contre le mien, appuyant son membre raidi contre mon intimité brûlante.
Tandis qu’il lèche mon sein avec voracité, ses mains serpentent le long de mes flancs et détachent mon paréo. Son nez frôle le renflement de ma gorge à mesure qu’il descend le long de mon ventre. Sa langue tournoie autour de mon nombril et s’arrête à la couture de mon maillot.
— Est-ce que tu es mouillée, Béni ? me demande-t-il d’une voix très sérieuse.
Mon corps s’est abandonné à la minute où sa bouche a pris possession de la mienne. Je hoche la tête timidement et un sourire vainqueur ourle ses lèvres.
— Mon petit félin craque pour son chasseur, se moque-t-il.
Affreusement…
Il tire sur mon maillot pour me l’ôter, le roulant le long de mes jambes. Agenouillé entre mes cuisses, son regard erre sur mes courbes nues. Son sourire s’accroît. Ses doigts pianotent sur mon genou, remontent sur ma cuisse et s’arrêtent contre l’intérieur de mes jambes. Il les écarte et s’étend contre moi, sa bouche frôlant mon sexe.
— Trempée, murmure-t-il avant de fondre sur mes lèvres roses et gonflées de désir.
Sa langue virevolte autour de mon clitoris et le dénude doucement avant de le mordiller. Je serre les poings et me cambre sous sa caresse. Ses mains saisissent mes hanches pour me maintenir contre lui. Il me dévore, me remplit de sa langue et conquiert son nouveau terrain de jeu.
Lorsque je sens son majeur vagabonder le long de mes lèvres, je me trémousse sous lui, tentant de l’attirer vers l'endroit que je désire, mais il ne m’obéit pas. Il s’attarde sur mes plis, frôle mon clitoris et mêle son doigt à sa langue.
— C’est moi qui domine la vague.
Avant même que je ne me récrimine, il l’enfonce en moi, m’arrachant un cri de plaisir.
— Brûlante et menaçante, murmure-t-il contre mon sexe.
Il agite son majeur dans mon ventre, allant et venant jusqu’à ce que je me tortille sous son corps. Mes genoux se referment contre son visage et il ricane avant de souffler contre mon clitoris. Il le lape ensuite, de petits coups de langue bien sentis, puis murmure :
— Je ne te ferai pas jouir de cette façon, Béni. Je veux te chevaucher, prendre ma vague et te posséder jusqu’au point break.
Je ne comprends rien de son jargon de surfeur, mais je m’en fiche. Il rampe sur mon corps, déposant des baisers partout sur ma peau, et saisit mes lèvres. Il m’embrasse avec violence, presque agressivité, sa barbe naissante frottant mes joues, tandis que je déboutonne maladroitement les boutons de son jean. Il finit par chasser mes mains pour retirer son pantalon. Il ne porte pas de caleçon et son membre se déploie sur son bas-ventre. Une queue puissante et épaisse sur laquelle s’émaillent de longues veines saillantes.
Il jette son pantalon aux pieds de la planche en me dédiant son sourire prédateur, et fonce de nouveau sur moi. Son sexe s’étend sur mon ventre. Sa bouche revient goûter la mienne. Il bouge contre moi, se caresse et m’enflamme à mesure qu’il guide sa queue vers mon intimité. Mais il ne me pénètre pas. Il va-et-vient contre mon clitoris jusqu’à m’entendre gémir et le supplier de me pénétrer. Là, il grogne contre mes lèvres écrasées sous les siennes, puis se détache, ancre son regard au mien et entame la violente descente au fond de moi.
En le sentant m’écarteler pour me pénétrer, un frisson de plaisir m’assaille comme si je me prenais la vague qu’il tente de dompter. Son sexe pèse sur moi et m’étire. Mes doigts pressent ses épaules musclées et tendues au-dessus de moi. Un poing sur sa planche, à l’orée de mes cheveux, l’autre serrant mon poignet, il enfonce son visage dans mon cou. Sa langue se perd contre ma gorge et ses dents apposent leur empreinte le long de mon épaule.
Quand il est enfin en moi, pesant de tout son poids, un râle lui échappe. Il redresse le buste au-dessus du mien. Son regard m’envahit. Ses hanches se mettent à se mouvoir et à chaque mouvement qui m’ouvre davantage à son membre, je manque de suffoquer. Je me sens dépossédée de mon corps, comme si Macsen s’en emparait.
Ses coups de butoir s’intensifient ; il me martèle avec tant de gourmandise que j’ai la sensation qu’à chaque fois que sa queue disparaît en moi, je vais mourir noyée.
Il se redresse sur les genoux, saisit mes cuisses pour mieux m’ouvrir et accélère ses coups de reins. Je gémis tellement fort que mes cris résonnent dans le blockhaus. Les clameurs de la nuit me répondent. Le vent s’engouffre dans les profondeurs du bunker et mêle ses gémissements aux miens.
Les paupières à demi fermées, je surprends Mac en train d’observer, presque fasciné, son sexe s’effaçant au creux du mien. Il ralentit juste pour profiter de cette vision. Il me sourit lorsqu’il se rend compte que je le regarde. Sa langue humecte ses lèvres, puis il se rue sur moi pour m’embrasser.
— Je te chevauche, ma belle. Laisse-moi te prendre et t’emporter avant de te briser.
Ses cheveux frôlent mon front lorsqu’il prend possession de mes lèvres. Je gémis et me perds dans sa bouche.
La sensation de son membre dans mon ventre devient si prégnante que lorsqu’il durcit encore, sur le point de jouir, je me referme sèchement sur lui. Une déferlante d’émotions et de plaisir m’engourdit tout le corps. Je me raidis tout autour de sa queue, lui arrachant un grondement rauque, et lèvres contre lèvres, l’orgasme nous pourfend tous les deux. Il se déploie sur nos corps, embrase nos ventres et rugit dans nos poitrines, jusqu’à nous laisser suffocants.
Macsen s’effondre, front contre front. Il halète, le torse huilé de sueur suspendu au-dessus du mien, les coudes enfoncés dans sa planche de surf.
— Une vague creuse, murmure-t-il, puissante et intense.
— Un surfeur carnassier et vorace, rétorqué-je, avec un sourire. Mais tu m’as menti.
Il lève un sourcil interrogateur.
— À quel moment ?
— Tu m’as promis que je jouirais avec ta langue. Je n’ai pas le souvenir que tu l’aies fait.
Un éclat licencieux assombrit ses iris. Un sourire se dessine sur ses lèvres charnues.
— La nuit n’est pas finie. Tu sens ce vent, Béni ?
— Oui.
— Il vient de la terre.
Comme je ne comprends pas, il ajoute, un sourire coquin dans la voix :
— Parfait pour creuser les vagues. Pour un surfeur, la nuit ne fait que commencer.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire